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Tribunes

Débat sur la célébration de la fondation de Montréal par Radio-Canada

Robert Comeau, le président de la Société Historique de Montréal a été interrogé dans cet article que nous vous invitons à consulter.

Voici le résumé de l’article et le lien pour le consulter.

En raison de différences idéologiques, Montréal s’est distanciée de ses partenaires de longue date pour organiser la célébration soulignant la fondation de la ville le 17 mai prochain. Résultat : il y aura cette année trois fêtes, organisées chacune de leur côté par trois organisations, pour se souvenir… du même événement historique.

Vincent Champagne journaliste pour Radio-Canada

Bonne lecture !

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Lettre au ministre de l’Éducation au sujet de la formation des maîtres

Dans une lettre parue dans les médias le 27 février dernier, les historiennes Brigitte Caulier, Louise Bienvenue et Karine Hébert, représentantes de l’Institut d’histoire de l’Amérique française, posaient le bon diagnostic en liant la crise actuelle des effectifs enseignants au secondaire avec la formation des maîtres. Elles proposaient que les détenteurs d’un baccalauréat disciplinaire puissent accéder à la profession d’enseignant une fois complété l’équivalent d’un certificat de premier cycle en pédagogie.

Les soussignés souhaitent unanimement appuyer cette proposition. C’était d’ailleurs la toute première recommandation faite dans une étude parue en 2017 pour le compte de la Coalition pour l’histoire sur la formation des enseignants au Québec. S’appuyant sur le témoignage de 214 enseignants, on concluait que le baccalauréat en enseignement actuel de quatre ans donnait globalement peu satisfaction et qu’il ne devait surtout pas demeurer la filière unique donnant accès à la profession d’enseignant. À notre avis, ouvrir la profession à ceux et celles bénéficiant d’une formation universitaire dans une discipline enseignée au secondaire (sciences, littérature, histoire, etc.) permettrait d’une part de compléter les équipes d’enseignants par l’apport d’individus motivés et compétents. D’autres parts, elle permettrait également de revaloriser l’importance des connaissances et de diversifier les approches pédagogiques susceptibles de motiver les jeunes.

Rappelons que le baccalauréat en enseignement au secondaire actuel alloue la part du lion à des cours de didactique, de psychopédagogie et de sciences de l’éducation en général. En revanche, moins de la moitié de la formation vise à faire l’apprentissage du contenu que les futurs enseignants auront pour tâche de transmettre. Par exemple, dans le cas du baccalauréat en enseignement au secondaire, profil univers social, où l’apprentissage de l’histoire du Québec devrait occuper une place prépondérante puisqu’il s’agit d’une matière de base, le futur enseignant n’aura suivi en moyenne que trois cours sur ce sujet durant toute sa formation universitaire, dont seulement deux cours sont obligatoires. Selon nous, il s’agit clairement d’un bagage disciplinaire insuffisant pour prétendre maîtriser le sujet et ensuite pouvoir l’approfondir avec ses élèves.

Ce baccalauréat en enseignement au secondaire a aussi eu pour conséquence de standardiser et d’uniformiser les approches pédagogiques empruntées par les enseignants. Or tous les élèves ne sont pas sensibles au même profil d’enseignant et aux mêmes stratégies pédagogiques. Certains sont touchés par des êtres de culture, captivants, éloquents et érudits, tandis que d’autres le seront davantage par des pédagogues sachant mieux exploiter leurs compétences procédurales. Il est illusoire de prétendre à une telle diversité si les enseignants sont tous formés à la même enseigne. Au contraire, l’apport d’individus formés dans des filières disciplinaires, comme c’était le cas au Québec avant 1994, permet de diversifier les approches pédagogiques et d’offrir aux élèves d’autres modèles d’enseignement que ceux uniformément mis de l’avant par les sciences de l’éducation.

Dans le cadre de la rédaction de notre étude, ces constats ont été corroborés par les enseignants eux-mêmes qui nous ont confié avoir très peu tiré profit de leurs quatre années d’études pendant leur baccalauréat en enseignement au secondaire. Ils ont admis avoir surtout appris leur métier lors de stages et durant leurs laborieuses premières années d’enseignement. À la question, « Quel(s) cours considérez-vous superflus dans votre formation ? », les enseignants désignent clairement les cours de didactique et de psychopédagogie. Et à la question « Quel(s) cours vous ont semblé manquer dans votre formation ? », les cours disciplinaires arrivent en tête de liste [1].

Comme les élèves, les parents et les enseignants eux-mêmes, les soussignés sont d’avis qu’un bon enseignant est d’abord quelqu’un qui connaît bien sa matière. Ouvrir la profession à ceux et celles ayant privilégié une formation disciplinaire dans leur parcours universitaire est donc plus qu’un pis-aller afin de combler les effectifs dans nos écoles, mais clairement une avenue permettant d’enrichir les connaissances transmises aux élèves et de diversifier les stratégies d’enseignement propres à soutenir la motivation et la persévérance scolaire.

Rédigée par Gilles Laporte, porte-parole de la Coalition pour l’histoire, cette lettre a été signée par :

  • Pierre Graveline, directeur général de la Fondation Lionel-Groulx
  • Raymond Bédard, président de la Société des professeurs d’histoire du Québec
  • Richard Bégin, président de la Fédération Histoire Québec
  • Etienne-Alexis Boucher, président du Mouvement national des Québécoises et Québécois
  • Robert Comeau, président de la Société historique de Montréal
  • Paul Dauphinais, président de l’Association des professeurs d’histoire des collèges du Québec (APHCQ)
  • Gaston Deschênes, représentant de la Société historique de Québec
  • Maxime Laporte, président général, Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal
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Décès de l’historien et politologue Michel Sarra-Bournet

Hommage de Martin Pâquet relayé par Robert Comeau, président de la SHM

Michel Sarra-Bournet vient de décéder. 

Michel était mon ami depuis le début des années 1980. Je l’ai connu grâce à nos passions communes: l’histoire et le politique. Nos chemins se sont croisés depuis à maintes reprises au cours de nos études respectives, lui à Sherbrooke et à Ottawa, moi à Laval. Puis, bien sûr, dans nos carrières respectives. Il était un enseignant dynamique et stimulant, un historien et un politologue respecté, un entrepreneur énergique, un citoyen profondément engagé.

Michel avait quelque chose de noble dans sa démarche. Je me souviens à Hull au cours de l’hiver 1993-1994, lorsqu’il nous avait dit, à Marcel et moi, qu’il s’engageait en politique comme conseiller de Lucien Bouchard, alors chef du Bloc. Souvent farceur et plein d’humour, il était devenu subitement d’une gravité et d’un sérieux solennel: selon lui, nous vivions des moments historiques et il tenait à y participer. Ce fut un choix difficile pour lui, qui a eu des conséquences importantes sur sa carrière universitaire et dans sa vie personnelle. Jamais il ne l’a regretté devant moi. C’est une facette du Michel que j’ai connue et que j’ai toujours appréciée: son sens aigu des responsabilités.

Son engagement et son sens des responsabilités l’ont incité à se lancer dans la folle entreprise du Bulletin d’histoire politique. Il a fait partie des fondateurs avec Robert Comeau, Marcel Bellavance, Pierre Drouilly et Jean-Marie Fecteau. D’un bulletin publié sur du papier 8 1/2 par 11 à l’origine, il a contribué avec d’autres à faire de cette revue l’un des principaux centres intellectuels en histoire et en politique, par la qualité des débats et des contributions savantes. Michel est resté fidèle jusqu’à la fin au Bulletin: j’ai vu son visage et entendu sa voix il y a deux semaines encore au cours d’une réunion du comité de rédaction.

Historien accompli, il était le grand spécialiste de la période Duplessis depuis son étude sur l’affaire Roncarelli, sujet qui, plus de trente ans après la publication de son livre, n’a pas perdu de son actualité. Politologue expérimenté, ses analyses étaient documentées et solides, comme son éditorial du BHP sur la dernière élection provinciale en témoigne.

Enfin, Michel possédait un humour dont il avait bien compris le rôle apaisant dans les relations humaines. Son humour ne l’a jamais desservi dans ses multiples combats, des échanges partisans dans la vie politique aux causes qu’il a promues comme celle de l’enseignement de l’histoire au secondaire. Cet humour lui a permis d’échapper au sectarisme, travers de plusieurs combattants.

Michel aimait la vie comme il aimait le tango, qui ne se danse pas seul, mais à bras le corps. Michel était mon ami, il n’est plus mais il le demeure encore.

Mes sincères sympathies à sa famille, qu’il adorait.

Martin Pâquet

Retrouvez l’entretien de Robert Comeau avec Michel Sarra-Bournet :

Emission spéciale octobre 2018

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