
Les travailleuses du secteur public face au virage néolibéral des années 1980 par Camille Robert. Conférence sur les racines de plusieurs enjeux contemporains.
Attention : lieu différent. La conférence a lieu au Site historique Marguerite-Bourgeoys.
Au cours des années 1960 et 1970, l’État québécois connaît une expansion rapide dans le sillage de la Révolution tranquille. Le tournant des années 1980 ouvre toutefois une nouvelle conjoncture, marquée par une crise économique et une remise en question du modèle de l’État-providence. Dans ce contexte, le gouvernement québécois impose d’importantes compressions budgétaires dans les services publics et adopte plusieurs lois spéciales restreignant les droits syndicaux, qui touchent particulièrement les travailleuses des secteurs de l’éducation et de la santé.
Cette conférence vise à examiner la manière dont les travailleuses de ces milieux — enseignantes, orthopédagogues, infirmières ou préposées aux bénéficiaires — ont vécu le virage néolibéral de l’État québécois au cours des années 1980. À partir d’entrevues et de recherches en archives, je montrerai comment les réformes néolibérales ont entraîné une précarisation des conditions de travail des femmes, ont transformé leur engagement syndical et ont accru leurs responsabilités au sein du foyer. Ce regard historique sur les débuts du néolibéralisme au Québec permet de mieux comprendre plusieurs enjeux contemporains liés au travail, au syndicalisme et à la place des femmes dans les services publics.
Camille Robert est historienne, chercheuse postdoctorale à l’Université Concordia et chargée de cours à l’Université du Québec à Montréal. Ses recherches actuelles portent sur les mobilisations associatives et syndicales des infirmières d’origine caribéenne et philippine au Québec. Dans le cadre de sa thèse, elle s’est intéressée aux expériences des travailleuses de l’éducation et de la santé face au tournant néolibéral de l’État québécois. En 2017, elle a publié Toutes les femmes sont d’abord ménagères. Histoire d’un combat féministe pour la reconnaissance du travail ménager aux Éditions Somme toute. Elle a également codirigé, avec Louise Toupin, l’ouvrage collectif Travail invisible. Portraits d’une lutte féministe inachevée, paru en 2018 aux Éditions du remue-ménage. Elle est membre du comité éditorial d’Histoire Engagée et collabore régulièrement avec plusieurs médias.
Site historique Marguerite-Bourgeoys
Samedi 21 mars 2026 à 14h (entrée gratuite pour les membres de la SHM, 5$ pour les non-membres)
400 Rue Saint-Paul E, Montréal, QC H2Y 1H4Accessible via le métro champs-de-mars. Les visiteurs n’auront qu’à se présenter à la boutique du musée qui se trouve en haut des escaliers au bout du couloir lorsqu’ils entrent.
Fiche pratique

