Qui était Percy-W.-Foy?

Percy-William Foy (1882 – 1966)1

Historien amateur et mécène, Percy-W. Foy est décédé à Montréal en 1966, à l’âge de 84 ans. Natif de Sorel, il était l’arrière-petit-fils d’immigrants irlandais catholiques venus au Canada dans le flot migratoire qui draina des milliers de gens des îles britanniques à partir de 1820. Le grand-père de Percy, Martin Foy, a exercé la profession de «colporteur» avant de s’établir à Sorel comme «aubergiste licencié». Rappelons que de 1792 à 1862, Sorel a été connu sous le nom de William-Henry et abritait une importante population anglophone.

Percy-William Foy
Percy est né dans une famille aisée. Il a étudié au Collège de Montréal et, en 1902, âgé de 20 ans, il complétait le cours commercial et scientifique au Mont Saint-Bernard de Sorel. Deux ans plus tard, on le trouve fonctionnaire à la bibliothèque du ministère de la Marine, à Ottawa, où il travaillera durant 45 ans, demeurant célibataire et occupant ses loisirs à des recherches sur l’histoire de sa région soreloise. Retraité en 1950, il séjourne deux ans à Paris avant de s’installer à Montréal où il réside à l’Hôtel Windsor avant de déménager au Drummond Court Apt., un immeuble aujourd’hui démoli, sur la rue Drummond, dans l’axe de la rue Burnside (maintenant boul. de Maisonneuve)2.

Durant près de quinze ans, membre de plusieurs sociétés d’histoire et de généalogie dont la Société historique de Montréal, il s’est livré à sa passion pour l’histoire et a contribué financièrement à un concours organisé par la Société d’histoire de la Vallée du Richelieu. Son testament stipulait qu’après avoir prélevé des sommes pour faire célébrer des messes pour lui-même et les membres de sa famille, ses exécuteurs testamentaires devaient verser la totalité de ses biens dans une fondation qui porterait son nom, serait administrée par la Banque d’Épargne de la Cité et du District de Montréal et dont les revenus seraient distribués à parts égales entre quatre sociétés dont la Société historique de Montréal. Un imbroglio juridique retarda toutefois jusqu’en 1978 la distribution aux héritiers des revenus de la Fondation3.

La Société historique de Montréal a d’abord appliqué annuellement la somme reçue de la Fondation Percy-W.-Foy à la publication d’un ouvrage collectif dont les collaborateurs étaient membres de la Société.

Depuis 1990, le Prix Percy-William-Foy est décerné au terme d’un concours officiellement lancé dans la parution du printemps de Montréal en tête, le bulletin de la Société historique. Le nom du lauréat est habituellement dévoilé au cours d’une cérémonie tenue en septembre, dans le hall d’honneur de l’hôtel de ville de Montréal.

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1. Ces notes sont puisées d’un article de Léo Beaudoin paru dans Montréal en tête (vol. 10, printemps 2002, pp. 12 ss) sous le titre « Percy-William-Foy, historien amateur et mécène (1882-1966) ».

2. Durant les années 1950, l’édifice fut acheté par la ville de Montréal qui y fit percer une arcade, dans le prolongement du boulevard de Maisonneuve.

3. À l’origine, la Fondation fut dotée d’une somme d’environ 288,000 $. Grâce à une administration rigoureuse et de judicieux placements, ce montant aurait toutefois triplé durant les années de l’imbroglio juridique.